mardi, novembre 10, 2009

Mieux






Merci pour vos commentaires. J'ai été vraiment très touchée, j'en ai même pleuré devant mon ordi, c'est vous dire. Merci pour vos mots si doux, votre empathie, vos gestes si spontanés. Alors que finalement nous ne nous connaissons pas, nous pourrions même nous croiser sans le savoir.
Si chaud au coeur... Et qui oserait prétendre qu'Internet coupe du monde, de la vraie socialisation ? Je socialise. Avec de vraies personnes. La preuve. Vous étes formidables. Vraiment.

La force de continuer à traverser tout ça, je l'ai. Avec des coups de mou parfois. Des coups de rage. Un peu comme si on annonçait à un pauvre hère qui aurait survécu à la traversée à la nage du détroit de Gibraltar en pleine nuit (dans le sens que vous voulez...) que sa galère est loin d'être terminée (loin s'en faut...) Il aurait, à raison, un bon coup de désespoir... mais tellement de hargne qu'il poursuivrait sa route. Vaille que vaille.


Les journées peuvent être si belles...

Le bonheur du week end, ce sont les retrouvailles avec une "amie de 30 ans"; la découverte de curiosités alimentaires exotiques comme l'aïrag, lait de jument fermenté mongol...

Les premiers flocons qui s'évanouissent sur le pare-brise de la voiture en redescendant de là-haut.

Ce sont les mots d'enfant de la grenouillette. Qui termine un dessin avec son frère Zébulon, d'après un livre sur les fonds marins. Elle a dessiné unecroixdemerde.

Une quoi ? Je redemande, je n'ai pas bien compris...

Unecroixdemerde. Elle marmonne, je ne comprends toujours pas... Je lui demande de répéter en articulant, ma chérie.

UNE-CROIX-DE-MERDE.

Ah. C'est bien ce qu'il me semblait. Je finis par aller voir moi même ce qui lui a servi de modèle...

Mais oui bien sûr... Une étoile de mer !

Mab, pas de Nono en vue... toutefois, j'ai quand même une histoire sous le coude, pour les jours de disette bloguesque !

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vendredi, novembre 06, 2009

Vénère...

Enervée...
Furieuse...
Verte de rage...
Indignée...

On croyait l'affaire close... du moins, nous nous satisfaisions d'un certain stand-by... C'était utopique. Comme de cacher la poussière sous le tapis... Les adventices repoussent toujours...

Bis repetita.

Same player, shoot again.

Cette fois, les garçons ont dit OUI au protocole. Par lassitude. Pour en finir "avec ce truc qui ressemble à rien".
Pour évaluer leur pleine et entière adhésion, ils ont été reçus une seule fois, 15 mn chacun. "Tu es d'accord ? ça va bien à l'école, pas trop perturbé ? Non ?"
Bon OK, adjugé. Aucun dégât collatéral constaté.
Bien sûr je n'étais pas au courant... cette fois. Sinon, j'aurais fourni moults et moults preuves des dégats collatéraux que les fidèles de ce blog connaissent bien mieux que leur propre père (père ?!)

Pour faire court, à une opération suivra un changement d'identité administrative... le 1 du numéro INSEE deviendra un 2 et les garçons n'auront légalement plus de père existant. Même pas un père mort. Génération spontannée. Surgis du néant. (ça va être pratique pour leur faire faire un passeport ou leur renouveler leur carte d'identité...) Forcément une déchéance paternelle de l'autorité parentale de fait (pas une mauvaise chose, en ce qui nous concerne ... le quotidien sera plus clair... et le rôle de Doux qui les élève en sera également plus lisible)

N'empêche... plus de 7 années passées à étayer. A réparer sans relâche. Encore et toujours. A écoper en permanence, quand c'est colmaté avec l'un, c'est l'autre qui prend l'eau... Encore de longs mois usants à venir. A écoper encore et toujours. Mais le bateau prend déjà l'eau à gros bouillons, plus rapidement que ne peuvent souquer nos petites mains aimantes, à Doux et à moi. Des ados qui ruent trop violemment dans les brancards. Qui flirtent avec les limites. Toutes les limites. Tout le temps. Rattraper in extremis chaque fois, tout en surveillant attentivement les frères d'un oeil est un exercice dans lequel nous devenons experts, Doux et moi.
C'est un exercice épuisant. Usant. Les batteries ne se rechargent plus à mesure. Notre rôle est ingrat au possible. Il n'est qu'ingrat, d'ailleurs.

Et je suis fatiguée. Lasse. Epuisée. Je n'en peux plus de ne plus dormir depuis 8 ans.

Vraiment. Vous n'imaginez pas à quel point...

Dans les semaines, les mois à venir, j'aurai besoin de toute l'energie-que-je-n'ai-pas-mais-qu'il- faudra-bien-que-j'aie-quand-même. Je serai probablement moins présente ici. Chez vous, probablement moins bavarde également. Mais sans mots ici.

Ou alors, avec les mots de Nono, des mots plus durs et plus violents. Mon exutoire.

C'est bien tout ce qui sort de moi aujourd'hui...

Plus l'envie de rentrer chez moi le soir. Mais je vais rentrer quand même. Affronter tout ça. Bon an mal an.

Mais ce soir c'est week end... alors bon week end à vous.

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lundi, novembre 02, 2009

Piège ?

Ding dong...

Je remonte d'un coup en bordure de sommeil. Dans cette frange de la conscience où le monde est encore irréel, flottant, où les bruits d'outre-moi se mêlent aux restes d'un rêve.

Ding dong...

pop... Ma bulle éclate. D'une ultime respiration, j'ai atteint la surface. L'éveil. A l'affut. Raide dans mon lit. Je tourne la tête lentement vers le réveil. 02:08.

- Tu es réveillée ?

Doux non plus ne dort pas. Je n'ai donc pas rêvé. Parfois la nuit, lorsque mon esprit flotte entre deux mondes, ça tintinnabule dans ma tête. Des bruits s'entrechoquent. Réels ou irréels, je ne sais jamais. Il m'arrive alors de me lever, de faire le tour de la maison, pièce par pièce, de dresser l'oreille longuement et d'observer les chats. D'être apaisée par leur quiétude et l'engourdissement de leur corps mou sur le tapis. Fausse alerte.
Cette nuit, ça n'en était pas une.

- Qu'est-ce qu'on entend ?

Ding Dong.

Le carillon se fait impérieux. Je pense à la voisine. D'un même bond, nous nous levons. Descendons. Lumières allumées. D'un doigt leste je soulève le bord d'une lame du store de la cuisine. Ma fenêtre de concierge, celle qui donne sur le perron. La lumière du porche est allumée. Deux hommes. Un jeune. Un moins jeune.

J'ouvre la porte précautionneusement, un pied calé à mi-course. Doux est derrière moi, légèrement en retrait. Dans l'ombre.

Le jeune homme s'excuse de nous déranger. Il explique. L'homme qui l'accompagne est un routier anglais tombé en panne d'essence. Il ne dispose que de billets, pas de carte bleue pour remplir le réservoir de son camion à l'automate du supermarché d'à côté. Enfin... d'à côté... un petit kilomètre quand même. Il demande si nous pourrions lui prendre de l'essence avec notre carte bleue, il nous paierait en espèces.
Intriguée, je me dit que voilà une bien étrange requête à 2h du matin en presque pleine campagne. Je réponds la première chose qui me vient à l'esprit. C'est une crétinerie et je le sais.

- Euh... je n'ai pas de carte bleue.
Après tout, il y a mille raisons très plausibles pour lesquelles je pourrais ne pas avoir de carte bleue...

Le jeune homme me regarde surpris, se tourne vers l'autre homme qui commence à réexpliquer, en anglais

- I'll pay you, I've got "kêch".
Un fort accent du Nord de l'île.
Il a sorti une petite liasse de billets.

Je me sens navrée pour lui, compatissante, mais pas suffisamment pour sortir à 2h du matin, prendre la CB familiale, aller au Super*U local devant lequel il ne passera personne avant des heures... avec 2 inconnus... au douteux prétexte qu'un chauffeur routier dont c'est le métier de rouler, n'a pas anticipé une panne aussi prévisible ... qu'il a une livraison à faire en France sans un moyen de paiement de secours... Qu'à 2h du matin, son camion se trouve sur la Nationale qui longe l'autoroute, sur laquelle une station ouverte toute la nuit l'aurait dépanné à 10 km de là...

Doux est sorti de l'ombre, leur a suggéré d'attendre le matin dans un hôtel l'ouverture du guichet de la station-service.

Les deux hommes ont eu un mouvement de recul à son apparition, se sont excusés et sont partis sans insister.

- C'est quoi ce plan foireux ? Ai-je demandé en refermant la porte.

- Un plan foireux.
A répondu mon Doux.

J'ai mis deux heures à retrouver le sommeil. Je ne pouvais m'empêcher de me demander "et si c'était vrai ?" Me justifiant en pointant les incohérences. Que fait-il en dehors de l'autoroute à 2h du matin ? Comment ne pas anticiper ce genre d'incident lorsqu'on est un professionnel du T.I.R ? J'ai échaffaudé des hypothèses. Peut être un chauffeur qui est son propre patron, obligé de tirer les prix au maximum, d'éviter l'autoroute qui coute un bras (surtout dans les Alpes), éviter la carte internationale dont l'utilisation dans une monnaie différente est soumise à surtaxation (aaaah oui, elle coûte cher, l'exclusion volontaire de la zone euro, n'est-ce pas !)

Peut être était-il vraiment dans la panade. Peut être n'était-ce qu'une ruse ... Je n'ai pas pris le risque. Ce n'est pas comme si j'avais trouvé un type ensanglanté sur mon perron, n'est-ce pas ?
Comment aurais-je réagi si j'avais été dans sa situation ? Je n'aurais, c'est sûr, jamais osé réveiller le voisinage de façon aussi impérilleuse en pleine nuit.

Sur ce, il s'est mis à pleuvoir dru. Elle est tombée pendant dix heures d'affilée.
A présent, les nuages découvrent doucement les crêtes de la Chartreuse, dévoilant les sapins poudrés de la première neige. Juste là, au-dessus. Si près.

Et vous, qu'auriez-vous fait à 2h du matin ?

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dimanche, octobre 25, 2009

Engloutie





"Avant toi, Bella, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y avait des étoiles, des points de lumière et de raison... Et puis, tout à coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain, tout brûlait, tout brillait, tout était beau. Quand tu as eu disparu, quand le météore est tombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri. Rien n'avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière. Je ne distinguais plus les étoiles, et la raison ne signifiait plus rien"
Edward à Bella. p. 523

Meyer Stephenie, Fascination. Tome 2 : Tentation, Hachette, 2007.

Longtemps j'ai résisté à ce phénomène de mode. En 2 ans et 4 établissements, je l'ai acheté 4 fois. Chaque fois surprise par l'engouement des adolescentes pour la
saga. De prêt en réservation, rarement les livres restaient dans les rayons. J'ai assisté à la sorti du film avec une indifférence à peine teintée de mépris. J'ai passé l'âge des mièvreries ultra sucrées et l'univers fantastique des vampires, loups garous et autres fantômes, très peu pour moi. C'était me mentir et oublier un peu vite l'addiction que j'avais eu à l'époque pour la série télévisée Buffy contre les vampires...
Toutefois, ça n'était pas tant cet univers fantastique qui m'attirait que l'histoire d'un amour impossible et contrarié.

I love my job.
Etant chaque année sur 2 collèges, je dispose d'un double budget pour l'acquisition des romans. Et je mets un point d'honneur (qui ne me coûte pas
trop, bien au contraire !) à lire le maximum d'ouvrages que je mets en rayon. Ainsi, je lis environ une centaine de romans pour ados par année scolaire.
Il y a 2 semaines, profitant d'une disponibilité du Tome 1 (Fascination), je me suis plongée dans la lecture du best seller de la mormone Stephenie Meyer. C'est comme plonger la main dans un paquet de chips par oisiveté. Un piège terrible. D'autant
plus traître que, telle une éponge, j'entre très facilement dans l'univers des auteurs. Toute entière. Et depuis 2 semaines je vis, sinon en apnée, du moins un peu schizophrène, me dédoublant afin d'assumer mon quotidien avant de me replonger dans l'univers Meyer.

Chaque année, de mes lectures je découvre de nombreux romans
qui me touchent. La littérature de jeunesse (pour ado et pré-ado) fourmille d'auteurs exigeants et talentueux. De vrais raconteurs d'histoires. C'est ce que j'aime. Au premier abord, Fascination n'est pas très bien écrit. De nombreuses répétitions et des rebondissements attendus. Mais les personnages ont une vie propre, des caractères bien définis et s'y tiennent, une vraie consistance. Une histoire bien à eux, propre à chacun.
Ce qui m'attire le plus, et là c'est régressif et limite hont
eux, comme de s'engloutir un paquet de fraises Tagada de façon compulsive et boulimique, ce sont les histoires d'amour. La narration de relations humaines complexes. Les ratés. Les manques. Les frôlements de vie. Les "Et si..." J'aime les histoires d'amour. Celles qui transcendent le quotidien des protagonistes, surmontent les épreuves. Une vraie midinette ! Lecture régressive, je vous dis !
Oui, je suis bon public des films larmoyants avec Meg Ryan, ou
i, plus jeune, j'ai lu avec avidité l'intégrale des soeurs Brönte (la littérature victorienne en est pleine, de cette impossible quête du bonheur, chez Emily et Charlotte Brönte, Thomas Hardy ou Jane Austen). Ou Stendhal. Et Shakespeare.

Non, Fascination n'est pas cela, je ne le classerais pas dans la belle littérature intemporelle mais les ingrédients y sont. A sa lecture, j'ai pensé à tous ces auteurs-
là, en vrac.

Tant qu'à me couler dans Fascination, j'ai glissé jusqu'au film, Twilight (je remercie au passage mon Doux qui, par amour, s'est farci le film avec force soupirs de lassitude, certes, mais sans faire de commentaire. Brave homme ! je sais toutefois que je ne compterais pas sur lui pour m'accompagner voir le 2é volet qui sort fin Novembre !)
Disons-le tout net, le film est un vrai film d'ados. Les personnage
s y sont plats, sans saveur ; l'acteur choisi pour incarner Edward, je le trouve moche et là ça ne colle plus ! Dommage, le film ne rend pas hommage au livre.

J'ai donc lu, en 2 semaines, 3 des 4 tomes de la série. Soit 1706 pages. En attendant le 4è (et dernier sorti à ce jour) que je devrais recevoir demain, j'ai poursuivi ma boulimie livresque en enchainant sur un autre roman pour ado,Toi et moi à jamais, de Ann Brashares, Gallimard je
unesse. Très belle plume, tendre et délicate pour scruter quand l'amitié fraternelle laisse sa place à l'amour, si l'amitié y survit. Mon avant-dernière commande pour collège. 408 pages lues en 24h.





Ce soir, je continue le dernier Philip Roth, Exit le fantôme. J'adore sa plume. Bien plus que les histoires qu'il raconte. Mais se couler dans ses livres est tellement doux... fluide.


Et avant de me coucher avec Ph. Roth, je terminerai la lecture des premiers chapitres du Tome 5, mis en ligne par Stephenie Meyer. Inachevé à ce jour. Midnightsun, Edward's story.




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samedi, octobre 24, 2009

En pleine lecture...

... Bougez pas, je finis Midnightsun - Edward's story chap. 1-11 et je reviens vous (en) parler.

Etonnant... je constate que sur ce blog depuis le début jamais je n'ai parlé de mes lectures, et pourtant, elles sont pléthoriques et compulsives.

dimanche, octobre 18, 2009

Cold play

Edit du jeudi 22... toujours pas de nouvelles du plombier qui a commandé la pièce défectueuse...une semaine que nous n'avons ni eau chaude et à peine du chauffage (convecteurs...)
C'est sûr, ça ne sont pas nozados les plus malheureux (une bonne raison de ne se laver ni les dents ni le corps..!)




Houlààààà.. je ne m'étais pas rendue compte que j'avais laissé passer 3 semaines sans nouvelles ! ça viendra... je vais y remédier mais plus tard.


Pour l'heure, je tente de me réchauffer comme je peux, après un week end refugiés chez mes parents à plus de 100 km de notre Home cold Home... notre sweet chaudière ayant décidé de nous jouer un mauvais tour juste au moment où les températures sont négatives la nuit...

Ni chauffage ni eau chaude depuis 3 jours, pour encore au mieux 3 autres jours...

Condamnés aux radiateurs électriques d'appoint qui font disjoncter... condamnée à passer du temps à cuisiner pour me réchauffer au dessus des casseroles.

Et comme je ne suis absolument pas une fille des grands froids (même si je suis née dans les Alpes un froid matin de printemps, mes gènes "du sud" sont dominants !), je suis à la limite de m'acheter ceci.

Sans rire !

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vendredi, septembre 25, 2009

Ne pas être une mère parfaite...

Il est parfois de ces jours où nous nous sentons peu glorieuses dans notre rôle de mère. Enfant, j'étais admirative devant un livre de lecture de jeunesse de ma mère dont les personnages étaient un petit garçon en culotte courte à boutons (forcément blond), sa soeur (forcément à couettes et en jupette gonflante) et leur maman, forcément souriante et toujours dans sa cuisine, empaquetée dans un seyant tablier à carreaux rouges et blancs (fort probablement un ouvrage d'Edouard Jauffret) L'image de cette mère toujours souriante et forcément disponible a dû me marquer plus que je n'aurais cru.

Même si quelques 60 années séparent cette image (d'Epinal) de la vie d'une mère active d'aujourd'hui, les clichés ont la peau dure. Nous travaillons toute la journée, nous courrons pour rejoindre nos pénates (lesdits pénates s'avèrent souvent tout sauf paisibles et accueillants -ils le deviendront passé 22h une fois les enfants couchés-) afin de sacrifier à une deuxième journée, plus ingrate celle-là.

Je ne manque pas à la règle. J'ai des journées très denses, partageant ma semaine sur deux établissements, je fais dans chacun autant de projets que si j'y étais à temps plein. Double investissement et une course haletante. Mais c'est mon choix. Je ne parle pas des élèves à gérer et des gueulantes à pousser. Je rentre donc chez moi, vidée, souvent hagarde, pour me coller à la surveillance des devoirs de ma progéniture à moi, me désespérant une nouvelle fois devant leur manque abyssal de motivation (j'vous jure, y a des claques qui se perdent...)

Hier soir, donc, après une de ces journées où le coucher du Lapin est expédié plus rapidement que de coutume (soit en une demie-heure au lieu d'une heure) l'histoire racontée en deux pages et la sacro-sainte chanson du soir chantonnée sans ferveur aucune... Voilà-t-y pas qu'une fois couchée, elle se met à braire de toutes ses forces (oui...ma fille hurle, elle braie ,elle beugle, au choix...)

MA-MAAAAAAAAAAAAAAAANNNNNNNNNNNNNN !

Je laisse dire. Sourde.

MA-MAAAAAAAAAAAAAANNNNNNNNNNNNNN !

Impérieuse capricieuse.

Une boule monte dans mon estomac, me coupe le souffle, me bouleverse le plexus solaire. Je respire comme au yoga... je fais la zen comme je peux. Et je remonte les escaliers le pas lourd, en poussant des soupirs de taureau.

- y sont attachés !

Elle a deux horribles peluches Diddl-porte-clé (des abominations de provenance inconnue...) qu'elle avait attaché ensemble et qu'elle n'arrivait pas à séparer.

Quand la mère sort de ses gonds, la mère est tout sauf glorieuse...

J'ai pris les (affreuses) peluches, tiré sur les têtes comme une damnée (purée c'est super solide c'truc !) jusqu'à en arracher une pour séparer les choses. J'ai jeté sur son lit les cadavres de velours sale.

- voilà, ils sont détachés ! Maintenant, DODO !

Elle en est restée bouche bée..."collée au mur" comme diraient mes ados. Silencieuse...

Elle n'a remis sa sirène en route que lorsque j'ai eu tourné le dos et commencé à descendre les escaliers. Elle a appelé son père (sage précaution !)

Qui a fini par monter. Gronder. Puis redescendre, l'objet à la main. Sereinement, il a recousu la tête du cadavre.

Comme lorsque, sans rien dire, il va chercher la pelle et ramasse les éclats de verre par mes soins rageurs explosés.

Il attend que passe l'orage. Il est d'une patience qui ne me rend pas fière de mes (rares) colères ...mais ceci est une autre histoire;

Mon Lapin n'oubliera pas que sa maman lui a déchiré sa peluche. Pas plus que moi-même n'ai oublié le magnétophone que m'a mère a cassé de colère lorsque j'avais 16 ans (okêêêêêê.... je tardais à venir à table... ne dites rien à mes fils, surtout !)

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