samedi, juillet 04, 2009

J'irai pas chez mon père, c'est mort !

Les récriminations ont commencé il y a une dizaine de jours. "J'irai pas chez mon père, c'est mort". Décliné sur tous les tons, dans tous les niveaux de langage (avec une préférence pour le familier, on s'en doute...) et en stéréo, en duo, a cappella et en canon.

Depuis plus d'une année, nous avons droit aux mêmes angoisses, à l'identique répétées un week end sur deux et la moitié des vacances scolaires. A l'identique, je leur réponds de voir ça directement avec leur père, d'enfin oser l'affronter, au lieu de nous faire ici payer double leur contrariété.
Ils ont 15 et demi et 14 ans, savent ce dont ils ne veulent plus, parviennent peu à peu à le dire au lieu de somatiser à l'approche des dates fatidiques. Combien de douleurs d'estomac déclenchées dès le vendredi matin, combien de violences contenues dès la veille, de tension palpable qui monte... Prisonniers d'un chantage affectif depuis 7 ans maintenant. Grandir avec ça devient trop lourd pour des ados. Handicapant. Lourd pour nous tous. Rien n'étant jamais acquis, surtout avec leur père, nous savons Doux et moi qu'à terme le fragile équilibre du "droit de visite et d'hébergement" imposé par un jugement ne tient qu'à un fil : celui de sa fluctuante bonne volonté. Toutefois, pour lui, ses enfants restent un repère, le seul fil d'une socialisation normale. L'antichambre de la désocialisation. A la précarité financière, il a déjà ajouté la misère intellectuelle et morale, l'instabilité psychologique, la précarité d'un domicile non fixe, le transexualisme. Faisant grandir ses fils avec cette honte de leur père. "C'est comme ça et pas autrement". Ils ruent dans les brancarts, ils ont mal, ils sont mis au pied du mur, ils font avec, douloureusement. Inutile de préciser qu'à chacun de leur départ, mon coeur de mère s'angoisse.


Ils ne veulent plus y aller. Plus du tout. Hier, la violence a monté dans la journée. Par pallier à mesure que l'heure fatidique approchait.

- j'irai pas, c'est mort.

S'en est suivi une discussion houleuse avec leur père sur le parking devant ma porte. Il ne cède pas d'un pouce. Jamais. Pour quiconque. Pas même pour ses enfants. Celui qui avait dit, si sûr de lui, "de toutes façons l'amour d'un enfant est acquis aux parents", sans se douter que, de l'autre côté, ses propres fils déclaraient que "les parents, ils faut qu'ils méritent l'amour que les enfants leur portent, on n'est pas obligés d'aimer ses parents". Au milieu de tout cela, il devrait y avoir, ou pas, le respect.

Bien sûr que j'aurais aimé les garder près de moi tout l'été, mais leur père étant un procédurier de premier ordre (j'ai déjà frôlé l'enquête sociale, la plainte pour maltraitance... par vengeance parce que mon départ brutal il y a plus de 7 ans n'a toujours pas été digéré, parce que sa rancune est tenace et, chevillée à son corps aujourd'hui ridiculement féminisé, c'est elle qui le maintient en vie...), je ne peux pas me permettre de risquer une "non présentation d'enfant". Les garçons le savent. Ils savent que la solution réside dans une modification officielle des droits de visite à leur demande. Jusqu'à présent, cette démarche était trop difficile pour eux, l'expression d'un rejet flagrant officialisé.

Aujourd'hui ils semblent prêts. Ils le demandent. Ils l'ont dit hier. Ils veulent parler à un juge. Enfin. Les psychologues qui les suivaient/portaient il y a quelques années avaient conseillé qu'ils coupent les ponts, afin de mieux se reconstruire. Eux ne le souhaitaient pas, ils étaient encore trop jeunes et gardaient l'espoir d'un père. Attraction-répulsion. Mais avec le temps, ils ont perdu le souvenir de ce qu'était leur père. Ils ont reporté leur amour filial ailleurs.
Avec Doux et ses enfants, nous avons pansé leurs déceptions à chacun de leurs retours au bercail. Ils ont souhaité changer de nom. Mais ça n'est pas possible. Ils ont souhaité se faire adopter par Doux. Mais tout ça n'est pas possible. Les conditions ne sont pas réunies. Leur hantise, celle qui peuple de cauchemars les nuits de Numéro2, c'est qu'ils retournent chez leur père s'il m'arrivait quelque chose. Je ne peux pas les rassurer. Je ne peux que tout faire pour rester en bonne santé et faire attention au volant.

Hier soir, leur départ a été houleux. Je leur ai dit de parler à leur père, j'ai dit à leur père de parler avec eux. C'est tout ce que je peux faire. J'aurais pu lui dire les attentes de ses fils, j'aurais pu lui dire ses efforts vainement attendus, j'aurais pu lui dire leur intense frustration. Mais lui ouvrir les yeux et les oreilles n'est plus mon rôle à présent.
Il leur a fallu près d'une heure pour quitter la maison. Monter dans la voiture. En redescendre. Venir pleurer dans leur chambre en claquant la porte. Proposer de se réfugier 15 j chez un copain. Se laisser convaincre. Repartir dans la voiture et revenir dans la maison...etc.

Des larmes de part et d'autre. Comment laisser sereinement partir ses enfants dans ces conditions ? C'est la dernière fois. En Août ils resteront là, advienne ce qu'il adviendra.
Maintenant, je vais sortir l'artillerie lourde. Ils ont déjà et malgré tout tellement porté...

La machine est lancée à nouveau. Avocat, huissier, JAF. Pour que leur douleur s'apaise. Pour qu'il fassent sereinement le deuil de leur père.

NB : pour ceux qui n'auraient pas suivi ces aventures là depuis le début, il ne s'agit pas d'enlever ses enfants à un père aimant... ledit père n'étant plus vraiment un père -lire ou relire là, les vies d'Elle.

La famille recomposée est déjà un exercice périlleux en lui-même, toujours en construction, en mouvement perpétuel. Protéiforme, comme les Barbapapa. Si l'on y ajoute les casseroles et les histoires non réglées de chacun, elle devient une laborieuse jonglerie permanente. Pour me défouler, j'ai pris les gros sécateurs et j'ai taillé dans le forsythia, pour libérer le rosier liane caché derrière ; j'ai taillé comme une damnée dans le cognassier du Japon son voisin pour laisser de la lumière aux althéas bleues et du mouvement au chèvrefeuille parfumé. Doux a regardé le tas de branches à mes pieds et m'a emmenée au restaurant. Au bord de l'eau.

Il m'a rappelé qu'il était là. Que nous avions réussi "notre famille". Parce que oui, nous sommes une famille. Bien plus que nous n'avions pu l'être dans nos vies précédentes.

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jeudi, juillet 02, 2009

Hors service

ça y est !

Une année scolaire de passée . Pour l'instant, pas de bilan ; mes zépiens zagités, une ambiance de travail plutôt passable, une année politique et vaguement militante nerveusement fatigante, mes ados à moi plus qu'usants à coacher en vain pendant 9 mois ... Juste une grosse fatigue. Ne plus penser à rien.

Mais maintenant, aurais-je assez de 60 jours pour faire tout ce qu'il ne m'a pas été possible de faire auparavant ?

Pas sûr...

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mardi, juin 23, 2009

Journée de*****

Edit du 30 juin : BOUHOUHOUHOU ! je sais pas ce que j'ai mais j'étais persuadée que c'était mercredi le 02 juillet... et comme je ne bosse pas mercredi, je me voyais en vacances dès mardi soir... J'ai appris fortuitement hier lundi que non, les vacances c'est JEUDI SOIR ! Ainsi donc, je n'ai PAS FINI !
Ouais, plaignez-moi !




VDM*. Sans rire. Une journée à te faire regretter la journée de la veille, qui déjà n'était pas top du tout mais nettement moins pire, à comparer.

Le Zébulon, toujours prêt à bondir et à speeder sauf quand nécessaire (s'habiller pour aller à l'école, prendre son petit déjeuner un jour de classe...trouver/mettre ses chaussures...son sac...) n'était pas très en avance. Comme d'hab', tu me diras...
Vautré sur le canapé au lieu d'être en train de se laver les dents, arborant un T-shirt (propre de 10 mn) auréolé de tâches de cacao frais au moment de partir... Bref, une fois le Zébulon enfin chaussé, sac en bandoulière, le cheveux hirsute (on ne va pas s'attarder sur le coiffage, c'est 15 mn de gagnées !) le Lapin Bondissant qui trottine près de lui (elle est prête à temps, elle, encore toute à la joie de sa vie d'écolière toute neuve!) nous nous dirigeons vers le carrosse familial qui les déposera en chemin avant de me conduire vers mes enviables aventures zépiennes.

Zwip zwip, rassurant déclenchement de la serrure à distance. Harnachement des uns, des autres. Et au moment d'introduire la clé dans le neiman (tu sais, le truc sous le volant à droite, je dis ça pour ceux qui ne se souviendraient plus des antiques voitures à clés !)...

Aaaaahhhhhh.... mince..... c'est quoi ce trou ?! Un grand trou béant à la place de ma serrure ! Je me dis que la voiture est vieille, le bidule se serait-il décroché lorsque j'ai retiré la clé la veille (Hulk, my name is Hulk)? A regarder de près le bidule à mes pieds, il m'a l'air bien explosé pour être juste mort de vieillesse... Et en ressortant, je constate, dépitée, qu'il en est de même avec la serrure côté conducteur.

Oh pinaise, dirait Omer.

La vaaaaaache ! Ils se sont attaqué à la voiture la PLUS POURRITE du coin !
Je t'assure, les joliettes du voisinage, intactes. La plus vieille mais aussi peut être la seule qu'ils croyaient savoir démarrer ?

N'empêche, désharnacher la petite troupe, décharger les fauves, "Je crois qu'on sera en retard ce matin, les nains". Téléphoner, blablablabla.Trouver une voiture de location pour Doux, l'y déposer (fallait bien lui aussi qu'il aille travailler, le brave homme, puisque je prenais du coup sa charette).
Tout ça devient nettement moins simple lorsqu'on est en zone semi-rurale, à 25 km de son lieu de travail et à 10 km de l'école des Groumpfs.

Une contrariété n'arrivant jamais seule, c'est Ainé dans la journée qui m'appelle pour m'informer qu'il faisait "sauter" ses derniers cours pour aller chez son pote faire de la guitare, et que d'ailleurs si le lycée appelle, ça serait super sympa de leur confirmer que oui oui j'ai bien mis dans son carnet le mot l'autorisant à ne plus aller en cours ! T'as raison, crois-y bien fort mon poussinou !

La fin d'année scolaire est chez nous toujours un peu difficile, toutes fatigues accumulées et confondues...
Moi je te le dis, là, entre quat'z'yeux...


VIVEMENT MARDI PROCHAIN, 16h30 !







*vie de merde

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jeudi, juin 18, 2009

Faire table rase...



Elle me demandait il y a peu pourquoi je ne bloguais plus... Sa question m'a surprise... je n'avais pas l'impression que ça se voyait tant que ça ! La réponse est que paradoxalement, j'ai trop de choses à dire. Que je n'arrive pas les hiérarchiser, les classer. Alors je remets au lendemain, comme si le lutin de l'organisation allait frapper dans la nuit, mettant en ordre non seulement mes idées mais, tant qu'à faire, la pile de papiers administratifs et autres en souffrance sur un coin du bureau familial.

J'étais partie, il y a quelques semaines, pour vous parler de notre famille. De l'art de vivre en milieu recomposé. La ratatouille familiale. Puis, de fil en aiguille, de quotidien en quotidien qui stratifie, fin d'année scolaire et statut de remplaçante obligent, je fais du tri. Je range, je fais du vide, je fais de la place pour le suivant, je mets en ordre.

C'est en préparant ce matin les cartons de livres «désherbés» cette année (joli nom) que je m'interrogeais sur ma propension quasi compulsive à «faire le vide», justement. A me débarrasser de ce qui ne sert plus. Sans états d'âme ou presque.
Si j'aime mon métier, ça n'est pas uniquement parcequ'il me permet d'acheter des livres et d'en lire en moyenne 2 par semaine ; ça n'est pas non plus seulement pour le bonheur et les fous-rires avec les 6è Segpa le jeudi (sauf quand Mickael et Ferdun font des concours de pêts...) Un de mes grands bonheurs est de faire le tri, le nettoyage dans les rayons. Ôter ce qui est ancien, obsolète, inadapté au public. Vieillot et peu engageant (un Dalloz de 1958 sur l'Histoire des institutions et des régimes politiques de la France moderne 1789-1958 est totalement inadapté – en plus d'être dépassé- en collège, je vous mets au défi de faire travailler un jeune ado là-dessus !).
Ce matin, je mets en cartons. Une association locale vient demain trier et récupérer ce qu'elle pourra revendre lors de sa grande brocante annuelle. J'avais dit «à la louche 3 cartons»... sans vraiment regarder les piles empoussiérées derrière mon bureau. J'en suis déjà à 5 cartons... Ce dont elle ne voudra pas partira à la déchetterie. Oui, je sais, j'en fais bondir certains... "on ne jette pas un livre". Certes. Dans l'absolu. Mais je ne suis pas archiviste et la BNF fait ça bien mieux que moi pour ce qui est de la conservation des livres parus en langue française depuis des lustres.

Trier. Jeter. Faire table rase. Je sais qu'on peut repartir de zéro.
En 1971, mes parents ont pris leurs deux filles sous le bras et sont partis refaire leur vie à 6000 km. 7 ans plus tard, nous avons fait le chemin inverse, en deux «lots», en loucedé, chassés par une dictature. «Une main devant une main derrière», se plaisait à se ironisr en grimaçant ma grand-mère, qui n'avait jamais accepté notre départ ; elle qui était arrivée en France dans les années 20, «une main devant une main derrière» en droite ligne de son village du Piémont.

Longtemps plus tard, c'est sans états d'âme que j'ai pris mes trois garçons sous le bras et que je nous ai installés tous les 4 dans une nouvelle vie sans leur père. La décision avait toutefois mûri en tâche de fond pendant des années.

Aujourd'hui, je sais que « rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse ni son coeur, et quand il croit ouvrir les bras, son ombre est celle d'une croix, et quand il croit serrer son bonheur, il le broie » (spéciale dédicace à celle qui se reconnaitra). Si demain dépend d'aujourd'hui, les jours qui se suivent ne sont pas obligés de se ressembler. Nos morceaux de vie non plus. Je vis léger, comme on voyage léger. J'ai dit un jour ailleurs sur la blogosphère que je ne m'attachais pas aux objets... le « doudouisme ». Ainsi, les vêtements vont et viennent dans mes armoires, ainsi que les paires de chaussures (bon, elles, elles viennent plus qu'elles ne vont, je dois rétablir la vérité sinon Doux-qui-me-lit va encore me faire une réflexion !)

Je vis léger, je vis comme si demain tout pouvait chavirer, s'arréter net. Les amitiés vont, les amitiés viennent, quelques unes demeurent, par delà les décennies. Les autres reviennent, avec le temps de l'âge adulte.

Prendre le meilleur de chaque jour, dire je t'aime, le montrer. Poser ses cailloux et regarder devant soi. Remplir son coeur plus que ses poches (ou que son 24h de Darel- j'en veux uuuuuuuuun!)

Le secret du bonheur, quoi.
Oh, j'ai dévié du début de billet. Mots en vrac.

Tu vois, je blog encore ;-)

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lundi, juin 08, 2009

Truc de filles

Fleur de géranium rosat



Edit du 11/06
pour celles qui ont des velléités de savonnerie (Mab et Manderley) je vous conseille d'aller voir , c'est très très bien fait et de tous les sites/blogs fréquentés c'est celui qui m'a rassurée le plus quant à la simplicité du truc. En gros il vous faut des huiles, de l'eau, de la soude caustique, un thermomètre type thermomètre à confiture (de 0 à 100°C), un mixeur plongeant type mixeur à soupe, des gros saladiers, des gants, des lunettes de protection, des vêtements protecteurs. Pis comme moules, des briques de lait (vides, hein !) lavées et huilées vont très bien , ou des barquettes de fromages blancs individuels ou ce que vous voulez (des moules à gâteaux en silicone aussi, type moules à muffins mais là c'est déjà un investissement superflu...) Super fastoche, une fois qu'on ne panique plus devant la soude !

De la tambouille en veux-tu en voilà. Voilà donc à quoi je passe une bonne partie de mon famélique temps libre... certes un peu moins depuis que ma balance au 0,1g a rendu l'âme. J'attends sa jumelle qui ne saurait tarder...

Ma dernière tambouille cosmétesque, un must-have pour moi depuis un an, c'est la lotion démaquillante yeux-visage (j'alterne avec un lait-cocooning l'hiver).


Eau magique démaquillante (type eau miscellaire) tonique et anti-âge


40 %Hydrolats (cette fois c'est mauve+géranium menthoné)
50% Eau de source
le reste c'est :
Huile de ricin sulfatée (miscible dans l'eau)
Glycérine végétale
tensio-actif doux ("Sugar" INCI: Décyl glucoside & Cocamidopropyl Betaine)
extraits de concombre, de thé vert, de pépins de pamplemousse, sauge, romarin
aloe vera concentrée

Sans odeur et presque incolore.
Pas d'huiles essentielles puisqu'il me sert à démaquiller les yeux. Résultat parfait, laisse la peau douce et fraiche. J'adore ce principe de nettoyage rapide, l'huile de ricin est à la fois parfaite pour nettoyer et assouplir la peau qui ne tire pas (peau sêche, pourtant)

Et puis des trucs et des bidules en cours de cogitation sur une base olfactive de verveine (selon l'usage, ce sera verveine-menthe ou verveine-petitgrain)

Et puis des savons et encore des savons (Mémé serait contente, il pourrait y avoir la guerre, ma famille ne manquera pas de savons ! si tant est que je pense bien à stocker l'huile, comme Mémé m'a toujours dit !) Prochaine après-midi savonnière pour tester le savon au lait d'avoine et un autre à la crème de soja... et puis si j'arrive à en quémander un litre à l'ânier du coin... des savons au lait d'ânesse. Pour le fun.

Il y a quelques années, je dépensais des (grosses... mea culpa) centaines d'euros en produits cosmétiques... aujourd'hui c'est en ingrédients et matières premières naturelles (je peux mettre 25 euros dans 2 ml d'huile essentielle de rose ou de néroli... même pas peur) Doux, s'il te plait ne lis pas ça ;-) promis je ne l'ai fait qu'une fois !

Voilà, c'était un "post-à-pas-cher" dans la catégorie grosse flemme. Vous ne m'en voulez pas ? J'ai trop de choses à dire et je ne sais jamais par quel bout les présenter... Une prochaine fois, je parlerai de recomposition. La notre, bien sûr.

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dimanche, mai 17, 2009

Bobby sauvé des eaux ?


C'est sous une pluie battante et froide, ces giboulées qui trainent de Mars à Mai, qu'il a été trouvé par une paire de lycéens, entre le supermarché et le lycée. Il couinait sous un tas de feuilles mouillées et Ainé l'a recueilli dans sa veste. D'un même pas ils sont passés chez le vétérinaire du coin, la petite chose était en hypothermie. Muni de conseils, Ainé a ramené les 250 grammes de boule de poils à la maison, blotti dans sa veste. Déposé dans son chapeau sur le bureau.

C'est léger, 250 grammes, ça fait à peine le poids de deux yaourts sans l'emballage ... c'est minuscule, un châton de deux semaines... ça a le ventre sans poils, pas de poils aux pattes non plus et les yeux bleu d'un nouveau né. Nous l'avons réchauffé, enveloppé d'un pull. Retournés chercher conseils auprès du vétérinaire, parce que un chaton orphelin, on ne sait pas faire, nous... Rentrés avec une boite de lait maternisé et un minibiberon pas plus grand que les bib des poupées de ma fille.

10 ml de lait toutes les 6 heures... faire prendre un biberon (et une tétine en caoutchouc) à un chaton qui jusque là a tété sa mère... celles qui ont allaité et qui ont connu la galère du sevrage, le rejet de la tétine, le crachouilli du lait, les lèvres serrées, les petits bras/pattes qui frappent le biberon... comprendront la galère du moment ! Nous voilà propulsés "mère de substitution pour chat", en moins de deux... et ne croyez pas qu'un si petit chaton n'ait besoin que de lait pour grandir... il a aussi besoin de massages abdominaux pour digérer, d'aide pour apprendre à faire ses besoins... de beaucoup de caresses pour développer sa motricité et sa tonicité...

Ainé l'a appelé Bob... pourquoi Bob ? Si c'est un mâle. Si c'est une femelle, j'ai suggéré Rita. Devinez pourquoi... quelle relation entre Bob et Rita ? Le chat, il le destine à une copine de sa bande qui vient de perdre son chat... il veut lui offrir pour son anniversaire. D'autant qu'elle était avec lui lorsqu'il l'a trouvé.

Donc nous l'élevons, faisons tout ce boulot de remise en forme et au bout de deux mois (2 moiiiiiis !!!) nous le confirons à une autre famille... c'est dur d'être famille d'accueil !

6 repas par jours ça veut dire... qui donc va l'emmener pour le nourrir dans la journée ? Ni moi au collège, ni les garçons en classe... Doux s'y colle... le biberon , la caisse , le chat, l'eau en bouteille... au bureau tous les jours !

Toujours pas très vaillant au bout de 24h de bons soins attentifs. C'est difficile de revenir à la vie ... Les tentatives de biberon sont laborieuses... la bouillotte chauffe et re-chauffe... les massages passent et repassent. Il est surveillé, monitoré de près par la tribu attentive... les autres félins de la maisonnée sont tenus à distance... Je me fais déjà à l'idée d'avoir un chat supplémentaire à la maison...
...

...

...

Bob n'a pas passé le week end... l'hypothermie et les heures passées sous la pluie de vendredi ont eu raison de ses 250 grammes. Lapin, notre fillette de 4 ans, fait pour la première fois aujourd'hui le dur apprentissage de la mort.

Demain, Ainé va dire à sa copine que le chaton-sous-la pluie...

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jeudi, avril 30, 2009

Madeleine de...

J'ai fait du rangement dans mes billets (je sais, ça ne se voit pas !) J'en ai relu certains. Je vous donne à nouveau à lire mon tout premier billet. Le déclencheur. Je venais de revoir Carole et j'avais eu besoin de l'écrire. Avec du recul, de mettre des mots sur cet étrange été-là...



Hier j'ai croisé Carole. Enfin, quand je dis «croisé», c'est un bien grand mot, je l'ai plutôt aperçue à travers la vitre du café. Et tout d'un coup, là, moi qui n'avais que très peu pensé à elle depuis près de 20 ans, tout m'est remonté d'un coup dans la gorge, comme un étrange relent...

Nous étions en 4è et 3è ensemble. Pas tout à fait amies, tout juste copines, au début. Elle faisait partie de ces filles émancipées que l'on regardait avec un mélange de fascination et de curiosité... tellement lointaines. Elles fumaient, elles sortaient déjà avec des garçons, elles choisissaient elles-même leurs vêtements, personne chez elles ne pointaient leur heure de rentrée... Et surtout... elle avait un GRAND FRERE... qui venait l'attendre à la sortie du collège, et ensuite, à la sortie du lycée. Dans des circonstances que je ne me rappelle plus, j'avais été invitée chez elle à cette époque. Ils habitaient tout un étage composé de deux appartements réunis. Carole partageait avec son frère une entrée indépendante de l'appartement familial et une sorte de studio rien qu'à eux. Plus tard, au lycée, nos chemins se sont croisés à nouveau, entremêlés pendant plusieurs semaines d'été, avec son frère, que j'avais réussi à approcher par le concours d'une amie commune (aaah, les mélis-mélos d'ados !) Michel, son frère, qui trainait son romantisme dégingandé à la sortie du lycée; Michel qui adorait sa soeur (qui le lui rendait bien... et je constaterai un peu plus tard à quel point ces deux-là s'aimaient...).

Cet été-là, j'avais passé mon bac de français, j'avais des points d'avance, je passais en terminale, tout allait bien, mes 18 ans me souriaient à pleines dents. Carole sortait avec Bruno. Cet été-là, nous l'avons passé tous les 4, à la piscine, à faire du lèche-vitrine en ville, au cinéma beaucoup (Michel, érudit cinéphile, y avait ses entrées...), à écouter Al Jarreau. Michel cuisinait pour nous dans leur studio, invitant parfois quelques copains étudiants, fascinants, drôles et cultivés.

Ai-je dit que le frère et la soeur s'adoraient ? Carole adorait son copain Bruno; Michel m'adorait. Moi, j'étais sous le charme. Flattée. Le frère et la soeur étaient très généreux... Et libres. Bruno était sympa, même s'il aimait un peu trop dangereusement les armes à feu à mon goût. Nous nous aimions tous... bien. J'ai compris par la suite qu'affection, amour, tendres sentiments ne s'exprimaient de manière identique pour tous : si nous nous aimions tous, nous étions donc tous interchangeables...
Je mis du temps à décrypter ce qui se passait entre nous 4..., ce dont j'étais partie prenante sans m'en rendre compte; il a fallu que je me retrouve un après-midi dans une situation toute nouvelle pour moi, à laquelle je n'avais jamais pensé et qui ne me tentait guère. Cela semblait tellement naturel pour eux 3 que j'ai eu des scrupules à refuser leur jeu. C'était une journée très étrange, d'oisiveté, d'ennui collectif...
Bruno avait décroché le fusil de son père... fanfaron, il a voulu montrer également qu'il savait où les balles étaient cachées. Qu'il savait charger une arme, viser. ça les faisait rire... Pas moi. Pour moi, la magie commença à s'étioler. Le charme se rompra totalement un peu plus tard. Sans arme. Oisifs, le frère, la soeur et l'ami ont proposé un drôle de jeu de rôle. A quatre. Configurations multiples et au choix. Combien de possibilités ? Si j'avais les vélléités d'émancipation propres à mon âge, ça n'était pas ça du tout que j'envisageais comme découverte du monde ! Je n'ai pas compris tout de suite où ils voulaient en venir... Il a fallu qu'ils m'expliquent, goguenards (l'oie blanche que j'étais a dû les amuser beaucoup). Ils se sont regardés... puis les choses en sont restées là... 3, 4 interchangeables, méli-mélo, salade de bras et...

Je me suis éloignée d'eux, personne ne m'a courru aprés ; l'été a passé en demi-teinte, avec cette sensation lourde et désagréable d'en avoir appris plus que souhaité.

J'ai croisé à nouveau Michel, inchangé, 3 ans plus tard au détour d'une rue piètonne... Il habitait avec sa soeur, elle était tombée enceinte deux fois mais n'avait pas gardé les bébés... Il en était chagriné. Un soupçon d'effroi m'a parcourue à ce moment-là. Oncle et père à la fois... ai-je pensé.

«Tu veux venir prendre un thé à la maison, ça fera plaisir à Carole ? sinon passe un de ces soirs, on se fera une bouffe brésilienne ».

Je ne suis jamais passée et je garde de ces semaines de l'été 1982 une aversion incontrôlable pour l'eau de toilette au vétyver et Al Jarreau. Et j'ai aperçue Carole hier en ville... le même visage sec et émacié, juste vieillie, un peu. L'homme qui l'accompagnait n'était pas son frère...

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